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  • Marie-Jeanne Gouraud

Gestion du stress : approche comparée de la performance sportive et professionnelle

Dernière mise à jour : 5 nov. 2021


La recherche constante de performance dans le monde du sport - haut-niveau ou loisir- et celui de l’entreprise et la pression, le stress, qu’elle peut induire chez leurs acteurs, justifie l’analogie faite entre ces deux mondes. A ce titre, l’entreprise s’inspire des méthodes de développement de la performance des sportifs dans ses pratiques managériales : définition et fixation d’objectifs, stratégie des petits pas, techniques de motivation, esprit d’équipe… Pour autant, les résultats constatés ne semblent pas satisfaire les acteurs de l’entreprises, notamment en matière de gestion du stress.


Ma lecture de ces écarts s’appuie sur ma double expérience d’encadrement et d’accompagnement d’équipes au sein d’entreprises en transformation et d’entrainement de sportifs de compétition.


Dans la planification de programmes d’entrainement sportif, il est assez commun d’intégrer des contraintes créant un stress supplémentaire pour l’athlète : veste lestée ou résistance en athlétisme, grimpe en baskets pour l’escalade… La créativité des entraîneurs en la matière est riche ;-). L’objectif et l’intérêt de cette pratique est de générer un effet de sur-adaptation. Il s’agit alors, après annulation des contraintes (retrait des lestes, reprise des chaussons d’escalade), de constater des gains de performance : physiques (compétences techniques), mentaux (résistance à la douleur, capacité à poursuivre l’effort malgré la mise en échec), voire émotionnels (gestion du stress né de la peur de pas atteindre l’objectif et la sensation d’échec notamment). Ces gains de performance sont rendus possibles parce qu’ils s’inscrivent dans un cadre sécuritaire pour l’athlète : la « mise sous stress » aura un début et une fin : elle sera suivie d’une période de récupération ; elle s’effectue sous l’œil de l’entraineur. Ce cadre est le garant d’un risque de blessure minime.


Or, de la même façon, l’entreprise intègre naturellement son lot de contraintes pour ses acteurs. Du simple fait qu’elle évolue dans un écosystème mouvant, voire instable, ils sont conduits à s’adapter constamment à des contraintes économiques, une concurrence accrue, la transformation digitale, les évolutions juridiques… Cette sur-adaptation est presque inhérente à l’entreprise et peuvent faire sens pour ces acteurs : elles permettent aux « athlètes de l’entreprise » de progresser, d’acquérir de nouvelles compétences et d’évoluer professionnellement, sous l’œil attentif du manager et de l’encadrement.


D’autres contraintes viennent se cumuler à ces contraintes inhérentes à l’entreprise. Mais celles-ci, ne sont pas choisies par ses acteurs. Elles peuvent s’exercer de deux façon :

- internes à l’organisation : accumulation d’interactions négatives avec ses homologues ou managers, répétition d’événements inattendus (gestion d’urgences du fait d’incompétences…).

- externes à l’organisation : période de pandémie illustre parfaitement cette possibilité.


Ces contraintes sont comparables à une accumulation de « lests virtuels » qui, parce qu’ils ne font pas sens pour celles et ceux qui les (sup)portent -ils ne correspondent à aucun objectif et intérêt précis-, parce qu’ils ne présentent pas de date butoir, et parce que l’encadrement se trouve démuni et dans l’impossibilité de les gérer -étant lui-même au cœur de ces processus- aboutit à un risque de « blessure » avéré. Si l’on transposait cette situation au monde sportif, cela reviendrait à demander à un athlète de courir son marathon avec sa veste lestée sur le dos ou un grimpeur de performer avec ses baskets en guise de chaussons d’escalade en compétition.


La gestion de la contrainte, d’un stress, source de progression et de performance dans le milieu sportif et celle d’un stress source de blessures -graves souvent- dans l’entreprise pourrait marquer la limite de l’analogie entre ces deux mondes.

Pourtant, il y a encore matière à s’inspirer de la pratique sportive pour développer la Performance que je nomme éthique® au sein de l’entreprise. Et plusieurs organisations françaises le démontrent d’ailleurs chaque jour : une Performance éthique® qui s’inscrit dans la bienveillance de soi et de l’autre, qui sert à la fois les objectifs de l’entreprise et ceux de ses acteurs du quotidien.


En effet, la pratique sportive porte en elle et de façon intrinsèque trois mécanismes essentiels au développement de la performance :

- la connaissance de soi,

- le développement des compétences relationnelles,

- l’acquisition de connaissances liées au monde de fonctionnement, individuel et collectif.

La transposition de ces axes de travail à l’entreprise permet de développer cette Performance éthique® : elle favorise la fois l’atteinte des objectifs en lien avec les enjeux économiques tout en respectant les enjeux juridiques et son engagement social en lien avec la réduction des risques psycho-sociaux.

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