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Être performant, est-ce dépasser ses limites ?



Prise de poste ou augmentation de la charge de travail pour un individu, transformation digitale, scale-up ou restructuration organisationnelle au niveau d’un collectif, travailler dans l’entreprise implique de savoir s’adapter, de se remettre en cause pour évoluer, avancer sinon vers un mieux tout au moins vers un autrement que l’on veut plus performant. Et pas de façon temporaire : les occasions de « faire mieux, plus vite, plus efficacement » pour être plus performant sont légion. L’environnement mouvant de l’entreprise -économique, juridique, technologique, …- associées aux interactions humaines qu'elle induit, implique, tant pour l’individu que le collectif, de s’engager dans ce processus de changement constant.


La recherche de performance des acteurs de l’entreprise est très similaire à celle des sportifs, qu’il s’agisse de pratique de haut niveau ou de loisir engagé. Pour autant, l'approche opérationnelle présente quelques différences.


Être performant ou rester performant ?


Pour un sportif, chaque séance d’entrainement est l’occasion d’une nouvelle remise en cause pour « faire mieux », pour progresser, améliorer une mesure, un temps, une figure… Et pour tout sportif, rester performant est bien plus essentiel qu’être performant. L’athlète cherche plus à inscrire sa performance dans la durée et ne pas la réduire à une seule temporalité. Il s’engage dans un processus d’« amélioration » continue qui le conduit à « être plus » -ou en tout cas « pas moins »- sur le long terme.


"Dépasser ses limites n'a pas de sens"


Aussi dépasser ses limites pour un sportif reviendrait à se blesser. Pour éviter cette blessure, il peut bénéficier dans sa pratique d’un cadre qui va lui permettre de développer non seulement les connaissances liés à son sport mais aussi une connaissance de soi. Cette double connaissance doit le conduire sur un chemin de progression et de performance de long terme. Il va, par lui-même (par l'expérience physique et l'auto-feedback, l'évaluation permanente...) et/ou soutenu par des professionnels du sport (entraineur, préparateur mental notamment) développer sa gestion des émotions (frustration, enthousiasme, peur de l'echec…), son niveau de concentration, le développement du mental… autant de paramètres de la pratique sportive qui soutiennent la connaissance de soi par l’expérience du corps et le rapport à la limite.

En envisageant celui-ci dans son livre « Corps et esprit »[1], Etienne Klein, physicien et philosophe mais aussi alpiniste et coureur de longues distances tel que l’ultratrail, écrit : « Il y a à l’évidence des limites, tant que nous ne sommes pas aller y voir, nous ne savons pas où elles sont. […]. Dépasser ses limites n’a pas de sens, cela signifie que cela n’en était pas une.»


Aussi, et sans rentrer dans le détail d’un programme d'entraînement sportif, l’entraineur ne cherche pas tant à conduire ses athlètes à dépasser leurs limites -pour éviter le risque de blessure- qu’à instaurer les conditions qui permettent à ses athlètes de s'en rapprocher et de les expérimenter objectivement.


Limites ou résistances internes ?


Pour autant, la notion d'effort est bien présente dans la pratique sportive et implique bien d'aller au-delà de ses habitudes (que certains nommeront "zone de confort"). Etienne Klein apporte à la gestion de la limite dans un cadre sportif une précision essentielle : « Il y a des limites de ce que l’on intériorise l’impossibilité de faire telle ou telle chose, et les limites que l’on éprouve dans l’expérience même. Ces limites ne sont donc pas fixées de façon nette – il y a des jours où elles sont là, d’autres jours où elles sont plus proches, d’autres jours encore plus éloignées ». Chacune des limites évoquées sont liées à la connaissance de soi à la différences que les premières sont induites par une connaissance de soi erronée. Là encore, par l'expérience et plus encore s'il est accompagné d’un entraineur ou d’un staff plus conséquent, le sportif va pouvoir expérimenter ses "pseudo-limites", se confronter à ses croyances, interférences qui viennent limiter sa performance. Une fois ces interférences conscientisées, il peut « s’en alléger », pour mathématiquement gagner en efficience et donc en performance[2].

Aussi, sur le long terme, la performance est avant tout affaire de connaissance de soi plus que de dépassement de limites.



Connaissance de soi et engagement


Si l'individu pense ne pas disposer des ressources pour amorcer et maintenir l'effort du changement et d'adaptation sur le long terme, ou s'il ne sait comment les trouver ou même les développer, le risque de s'engager dans une spirale d'échec ou d'épuisement est bien présent : il se retrouve à lutter contre les événements et contre lui-même.


L'une des ressources la plus essentielle de la connaissance de soi est celle du sens. Elle constitue le socle de l'engagement et de la motivation chez le sportif. La grande majorité des sportifs s’engagent volontairement dans une démarche de progression et de performance parce qu'elle fait sens pour eux, qu'il s'agisse de rester en forme, monter sur un podium ou simplement se voir progresser et développer l'estime de soi. Alors que, si les acteurs et salariés de l’entreprise s’engagent en signant leur contrat de travail, c’est bien souvent pour des raisons essentiellement économiques ; à elles seules, elles ne font pas obligatoirement sens. Et la génération de jeunes professionnels, qui, dans sa recherche de missions, d’entreprises engagées et défendant des causes qu’elle valorise et fait sens pour elle, renforce ce constat. Développer la connaissance de soi tout en donnant du sens à l'action professionnelle participe à l'engagement et la motivation sur le long terme.


La connaissance de soi, pilier de la Performance éthique®


C’est bien plus la connaissance de soi qui porte la performance, individuelle et collective. Et sur ce chemin, il ne s’agit pas tant de « rajouter », d’être « plus » pour « dépasser des limites » que de se libérer de ce qui entrave, alourdit et freine l’efficience, individuellement et collectivement.


Adopter cette approche globale de la performance en commençant par déployer des solutions de la connaissance de soi permet de favoriser une performance s'inscrivant dans la bienveillance de chacun dans l’entreprise : de soi avant tout et en corollaire de l’autre.



[1] Corps et Esprit, Etienne Klein – Edition Robert Laffont – Octobre 2021 [2] Le guide du coaching au service de la performance , John Whitmore et John Mcfarlane – Edition Maxima Laurent du Mesnil – 5ème édition janvier 2018. Les auteurs y définissent la performance selon la formule mathématique : Performance = potentiel – interférences.

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